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De la France à l'Italie: l'aventure au rendez-vous!

Lorsque l'on m'a demandé de décrire mon voyage et ce que le Pasporta Servo m'a apporté, c'est avec plaisir que je me suis replongée dans mes souvenirs. Il faut dire qu'avant mon départ, je ne connaissais pas du tout l'espéranto, ni l'idéalisme qui l'animait. Voyons donc le chemin parcouru, à travers familles, rencontres espérantistes et festivals.

Eveline Ménard

Alors, le rêve germait en moi depuis longtemps de parcourir le monde et de rencontrer les gens, c'est pourquoi je suis partie sept mois à la découverte de l'Europe de l'Ouest. Mon premier contact avec l'espéranto s'est fait à Arrout, petite ferme, où quatre personnes vivent en communauté, des soixante-huitards comme on les surnomme là-bas. Cette ferme accueille d'ailleurs des espérantophones, et j'y ai rencontré deux Polonais, qui voyageait avec le Pasporta Servo. Aussitôt fascinée par l'idée que véhicule la langue, j'entame la lecture d'un petit livre pour enfant, sans pourtant en comprendre le sens. La compagnie du soleil m'ouvre à l'espéranto, je découvre la culture polonaise, ses mets, son artisanat, j'entre en contact avec les animaux, d'adorables petites chèvres, j'en suis éblouie! Ensuite, comme je me prends à parler et à lire la langue, je vais dans une autre petite ferme, à Vans, dans le sud-est de la France. Encore une rencontre marquante, celle d'Anna et de Ljo, elle originaire de France, lui du Japon. Ils ne parlent qu'espéranto, je suis donc en immersion totale! Mais les sourires et la musique ont tôt fait de nous rapprocher.

Et voilà les fêtes de Pâques, j'assiste à ma première rencontre espérantiste. Je suis toujours plus étonnée, toujours plus enthousiasmée à l'idée de rencontrer tant de gens si affables et ouverts d'esprit. Je visite Limoges et c'est à cet endroit que j'achète mon petit livre magique, le Pasporta Servo. Suite à la rencontre, j'ai bien sûr trouvé un co-voiturage qui m'amène au centre de la France, où je fais encore de nombreuses découvertes. Ensuite, c'est la Suisse, et ses montagnes. Je suis alors hébergée chez une famille espérantiste à Lausanne. Ville pleines de surprises, je m'y perds avec joie, petites rues en pentes, école de musique, le lac Leman. Par d'autres contacts, je découvre le Valais suisse et l'éternité des Alpes qui l'entourent. Puis je vais à Bern, dans la suisse allemande où je rencontre un couple charmant, féru d'art et de création. Nous partageons les plaisirs artistiques le soir, et le jour, je marche à travers Bern, avec ses fontaines, son architecture imposante et... son ours du Canada!

Ensuite, je m'attaque à la Belgique, petit pays mais fort riche en histoire. Du côté francophone, à Eben-Emaël, je fais la rencontre d'un «vieux fou» qui vit intensément sa vie, en étant tour à tour archéologue, professeur de mathématiques à l'université de Liège, gardien du patrimoine et fidèle... à sa bouteille. Avec lui, je retrouve la musique d'ici, mes racines traditionnelles et la beauté de mon accent, chose très agréable après trois mois de voyage! Du côté flamand, c'est Mauritz et Hedwig, véritable parents de mon voyage, qui
m'ont supportée et aidée lors des moments moins faciles et qui m'ont fait rencontrer Pedro. Cet homme, véritable fou des langues, réussit à en parler couramment pas moins de 12 et en maîtrise 24 à l'écrit! Avec lui, j'ai visité les tours de carillons, typiques à la Flandre. J'ai aussi découvert la Lescaut, rivière qui traverse ce pays et qui a inspiré de nombreux poètes, et la simplicité de la vie. Encore quelques pérégrinations jusqu'à l'été, vers le Internacia Junulara Kongreso (Congrès international de la jeunesse) en Italie. Une semaine de rêve et de rencontres formidables. Des jeunes de tous les continents, de l'Australie à l'Asie en passant par l'Afrique et l'Europe. Mille curiosités et échanges culturels qui élargissent le monde auquel on appartient. Des conférences, de la musique pour tous les goûts et les incontournables danses qui ne finissent plus. Au fil des rencontres, j'ai appris la langue et je peux maintenant la parler.

Voilà ce que l'espéranto, par le biais du Pasporta Servo m'a fait découvrir: un monde ouvert et respectueux des différences, avide de connaissance et de nouvelles expériences.